Mon arrière-grand-père maternel s’appelait Jean François Eugène Ducrettet et est né en 1883 d’après l’acte de naissance de mon grand-père. D’après les archives départementales, plus exactement le 10 avril 1883. Fils de Victor Joseph, cultivateur à Chessin, commune de Taninges, et de Françoise Burtin.



Comme vous l’avez remarqué, l’acte de naissance est écrit sur deux pages. Sur la première apparait la mention marginale du décès. Sur la deuxième une mention en fin de registre : bien penser à aller à la fin de l’année courante où un tampon a été appliqué et rempli avec la mention du mariage avec l’acte de naissance du numéro 31. En se reportant à cet indice, il s’agit de Françoise Marie Chométy.
On a donc la naissance, le décès et le mariage de mon arrière-grand-père. Qu’en est-il de ses états de service pendant la guerre de 1914-1918 ?
Petit aparté sur le système de service national avant 1914. La France, après sa cuisante défaite contre les prussiens qui a coûté l’exil à Napoléon III et une grosse remise en question des français. Il est alors décidé de réformer le service national : tout citoyen masculin de 20 ans devra effectuer 5 ans de service militaire, réduit à 2 ans en 1905, réduit encore jusqu’en 1996.
Les dossiers militaires (ou matricules) ont accessible pour les soldats de 1914-1918. Pour y accéder, il suffit de remonter dans les archives en ligne jusqu’à la page où vous avez choisi l’état civil et de choisir cette fois le recrutement militaire. Un formulaire vous propose de sélectionner la classe (indiquer l’année de naissance + 20 ans, 1883 + 20 = 1903 dans notre cas). Il faut alors consulter une table alphabétique où sont inscrits les noms des futurs soldats de cette année et identifier le numéro de matriculé alloué, pou ensuite consulter la table qui contient ce numéro de matricule et retrouver le dossier militaire. Il est aussi possible qu’il y ait plusieurs bureaux de recrutement dans le département, les communes faisant partie du bureau le plus proche. Enfin, vous pouvez avoir la chance de trouver un département comme la Haute-Savoie qui propose une recherche nominative, beaucoup plus simple.

Ce dossier est visible sur deux pages car constitué de plusieurs morceaux de feuilles collées pour écrire lorsqu’il manquait de la place. Les clichés représente donc le même dossier feuilles abaissées ou relevées pour voir toutes les informations.
Nous pouvons constater que mon arrière-grand-père s’est distingué, d’abord lors de son incorporation puis lors de la guerre. Incorporé au 2ème régiment d’artillerie basé alors à Grenoble, il passe très rapidement canonnier 2ème classe, puis brigadier et enfin maréchal des logis avant de quitter le service en 1907.
Le 4 août 1914, il est à nouveau à son poste et part sur le front pendant près de trois ans. Une citation lui est octroyée le 4 juillet 1917 :
« a toujours payé de sa personne et dans les circonstances les plus difficiles a aidé moralement et matériellement ses hommes à conserver leur sang froid. A largement contribué au succès des ravitaillement aux positions de batterie en Champagne à Verdun dans la Somme sur l’Aisne en particulier dans la nuit du 2 juin 1917 a été véritablement sous le feu un exemple de courage et de calme »
Il reçoit la croix de guerre.
Malgré ses faits d’armes, il a dû rester humble en retrouvant sa terre, sa femme et ses femme, car ma maman n’a jamais su ce que son grand-père avait réalisé. Sans doute tachait il aussi d’oublier les horreurs qu’il avait dû voir et dont il était revenu vivant, lui.
Comme vous pouvez le constater, la généalogie demande à s’intéresser à l’histoire de notre pays, à ses lois et ses coutumes. En remontant dans le temps, c’est aussi se plonger dans un autre univers où les familles restaient soudées. C’est ce que nous verrons dans l’histoire suivante.



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